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27 juillet 2012

Défécation à l’air libre, faites attention aux terrains minés

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Written by: Madahoax
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Dans certaines régions de Madagascar, il faut faire attention où l’on met les pieds. S’aventurer en terrain miné est une expérience que l’on n’oublie pas de sitôt. Que le lecteur se rassure, il ne s’agit pas de bombes dans le sens premier du terme, mais des pratiques de défécations à l’air libre pratiquées par 30% de la population malgache. Si les villageois savent très bien où mettre les pieds et où poser leurs mines, les étrangers au sens olfactif diminué sont promis à de mauvaises surprises. 30% des malgaches soit à peu près 7 millions d’individus font leurs besoins à l’air libre, ce qui correspond environ à 500 000 tonnes d’excréments rejetés dans la nature. Ces excrétas finissent par se déverser dans les eaux des fleuves dans lesquels ces même villageois se baignent et puisent l’eau pour cuisiner leurs repas. Cette pratique est encore à l’origine de maladies diarrhéiques, causes principales de mortalité des enfants de moins de 5 ans à Madagascar.

Les ONG ont du pain sur la planche. Les opérations de sensibilisation pour l’abandon de telles pratiques sont menées auprès des communautés villageoises. Avec l’expérience, ces ONG ont du mettre en place divers méthodes de communication et de suivi. En effet, construire des latrines ne suffit pas. Face à une population sans éducation, il est difficile de mettre fin à une pratique qui vient des ancêtres et qui est considérée comme une coutume à respecter absolument. Même si certains villageois acceptent de construire des WC, ce n’est pas garanti qu’ils l’utilisent. Certaines communautés bien sympathiques et accueillantes acceptent de construire des latrines pour ne pas froisser les ONG, mais elles ne les utiliseront pas.

Le changement de comportement des villageois est un défi au quotidien. Dans le village d’Ambaninio à 1 km de Vagaindrano, il n’y a aucun WC. Sensibilisés par les ONG, les 210 habitants du village ont compris que leurs excréments laissés dans la nature finissent dans l’eau du fleuve qu’ils boivent. Pourtant cela ne les dégoute pas du tout. Sans le déclenchement collectif d’un sentiment de dégoût et de honte, les gens ne changeront pas leur comportement. Un notable du village explique que déféquer dans la nature fait partie des traditions ancestrales qu’il faut respecter. De plus, construire un trou pour retenir ses excréments dans la terre de ses ancêtres est un sacrilège. Les ONG ont encore du travail dans la grande île.






 
 

 
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